Viau, avant la première minute

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Viau, avant la première minute

par "Chef" Yannick Massicotte
Depuis trois matchs, l’attaque du CF Montréal est à sec. Trois matchs sans but. Trois matchs sans entendre cette cloche que j’aime tant résonner dans le stade. Celle qui accompagne nos buts, qui secoue les estrades et qui annonce à tout le monde que Montréal est encore bien vivant.

Pourtant, après le dernier match, je l’ai entendue. Aucun joueur n’avait marqué. Aucun ballon n’avait fait trembler les filets. Mais la cloche a tout de même sonné. Cette fois, c’est par la voix de José qu’elle s’est exprimée.


Dans son cri du cœur, il a dressé un constat difficile, mais nécessaire, sur l’état du 1642. Sur ce que le déménagement nous a coûté. Sur ceux qui sont restés en 114, ceux qui ont quitté le navire et ceux qui, en 133, cherchent encore leurs repères. Sur nos chants qui se sont essoufflés, notre voix qui s’est affaiblie et cette impression douloureuse d’être devenus invisibles aux yeux du club que nous avons pourtant soutenu beau temps, mauvais temps.

José a sonné l’alarme. Mais chez nous, une alarme ne peut pas rester une simple plainte. Elle doit devenir une cloche de rassemblement. Parce que cette cloche refuse de se laisser mourir.

Elle refuse de devenir un objet silencieux, témoin d’une époque où le 1642 avait encore une voix bien à lui. Elle refuse que notre histoire se termine au pied d’une section que nous n’avons jamais demandé à quitter. Elle nous rappelle que si le club a pu déplacer notre groupe, il n’a jamais reçu le pouvoir de décider de ce que nous sommes.

Maintenant, il faut que cette cloche résonne dans nos poitrines. Qu’elle batte à l’unisson dans celles de nos frères et de nos sœurs. Qu’elle nous rappelle que le 1642 n’est pas un numéro de section, une bannière suspendue ou quelques sièges réservés dans un stade.

Le 1642, c’est nous.

Et tant que l’un de nous répondra à l’appel de la cloche, le 1642 sera encore vivant.