Un Mondial à plus de 6 000 kilomètres de Montréal

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Un Mondial à plus de 6 000 kilomètres de Montréal

par Abdou Sall

 

À tous les quatre ans, le monde entier trouve n’importe quel moyen pour regarder la Coupe du monde masculine de la FIFA. Ici, on a été chanceux que ce tournoi se dispute à nos heures « normales ». Généralement, je suis un assidu des matchs du Mondial sur RDS (ou sur Radio-Canada, quand ils avaient les droits).

Cependant, pour l’édition 2026, j’ai dû regarder la Coupe du monde outre-mer. En effet, mes vacances de quatre semaines coïncidaient avec le déroulement de la compétition. J’ai passé un mois au Sénégal (et une dizaine d’heures en escale à Lisbonne). Il y a un décalage horaire de quatre heures entre Montréal et Dakar, ce qui n’est pas si pire, en théorie.

En pratique, ce fut plus difficile que je le pensais. À Lisbonne, je m’étais dirigé au Time Out Market pour regarder Espagne vs Cap-Vert. Malheureusement, il me manquait de temps, vu que je devais me rendre à l’aéroport. Rendu aux restaurants de la place, j’ai eu la chance de regarder la fin de ce match. Au sifflet final, il y eut un peu de célébration, car le Cap-Vert était parvenu à soutirer un verdict nul face aux éventuels champions. 

De plus, j’ai constaté un nombre impressionnant de chandails du Cap-Vert dans les rues de Lisbonne, le Cap-Vert étant une colonie portugaise.

Après environ quatre heures de vol, je suis arrivé à Dakar… le même jour que France vs Sénégal. Si je me souviens bien, le duel débutait à 19h00, heure de Dakar (15h00 à Montréal). Côté diffuseur local, c’est la RTS (Radio Télévision Sénégalaise - la chaîne publique du pays) qui retransmettait les matchs des Lions de la Téranga. La plupart des parties mettant en vedette les sélections furent disponibles en visionnement sur leur chaîne YouTube. Le restant des matchs se retrouvaient sur New World. J’ai manqué une bonne partie de la défaite sénégalaise, car je rendais visite à des membres de la famille (la tradition, quoi).

Mais qu’en était-il des autres duels, surtout ceux du Canada? Comment les suivre, n’ayant pas New World? Mes parents se sont abonnés à un service IPTV, ayant les chaînes françaises et québécoises… dont RDS!

Écouter Claudine et Jean au Sénégal 👌🏾

Écouter Claudine et Jean au Sénégal 👌🏾

On a été assez chanceux d’avoir pu regarder les matchs du Canada quasiment sans interruption. Je mets l’accent sur « sans interruption », car la connexion internet dans la maison n’était pas fameuse (10mbps en big 2026…). Même à plus de 6000 km de chez moi, j’ai pu obtenir ma bonne dose de Claudine Douville!

Lorsque l’internet était aussi fiable que la Aston Martin AMR26 - hey, une blague nichée de Formule 1 - j’avais d’autres options avec mon téléphone. Ayant un eSIM aux données illimitées, j’ai eu accès aux services de la BBC. Je ne sais pas pourquoi, mais cela a fait le travail. Nous pouvions donc regarder les matchs autant à la télé que les entendre à la radio. On avait aussi accès à RMC, mais la description fut atroce (passer huit minutes à blaguer sur la prononciation des joueurs néerlandais, ça ne donne plus envie).

Avec le décalage horaire, ce fut compliqué de syntoniser les matchs en soirée sur la côte ouest. Quand certains matchs étaient à trois heures du matin à Dakar, il fallait privilégier le sommeil. J’ai probablement manqué d’excellentes parties.

S’il y a bien un match qui est resté gravé dans ma mémoire, c’est celui entre le Sénégal et la Belgique. Encore une fois, le réseau ne coopérait guère. Il fallut se résoudre à utiliser la radio de la BBC, jusqu’à ce que l’internet revienne à sa vitesse normale. Malheureusement, la fin de match fut crève-cœur, avec l’effondrement du Sénégal avec cinq minutes restantes. Dieu merci, la connexion a lâché tout de suite après le penalty de Youri Tielemans. 120 minutes de montagnes russes…

Heureusement, je pus visionner la défaite du Canada contre le Maroc sans le moindre problème. C ’est chez mon cousin qu’on a pu tout regarder. Disons que, parmi l’ensemble du monde réuni au salon, j’étais le seul à encourager le Canada.

En allant dans la ville natale de mon père (il faisait extrêmement chaud), nous faisions la tournée des cousins, cousines, oncles et tantes. Entre temps, on tombait sur le Égypte vs Argentine. Ne pouvant regarder la partie sur mon téléphone, je recevais les alertes de buts sur ma montre intelligente. C’était 2-0 pour l’Égypte. 45 minutes plus tard, dans une autre maison familiale, on a eu accès à une télé diffusant la partie. Nous étions tombés pile au moment du but victorieux de l’Argentine. Tout le monde était stupéfait.

S’il y a un match que je regrette d’avoir sauté, c’est celui entre le Mexique et l’Angleterre. Il était 1h00 et j’étais trop fatigué pour rester devant un écran. Apparemment, ce fut le match du tournoi.

Je suis revenu à Montréal le 12 juillet dernier, juste à temps pour suivre le restant du tournoi. Malgré les nombreux ennuis de connexion internet dans la maison de mes parents, ce fut bien de regarder les matchs de la Coupe du monde à des heures convenables, en dépit de la différence de temps. J’eus l’occasion de m’occuper de mes activités et, ensuite, d’être devant la télévision (ou sur mon téléphone) sans ruiner le rythme.

Jamais je n’aurais pensé écrire ça, mais merci à l’IPTV pour m’avoir permis de rester en contact avec RDS outre-mer. Cependant, je ne referai plus cette expérience de voyager en plein Mondial.